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Licenciement pendant un arrêt maladie : conditions et protections du salarié

Par La rédaction Café Carrière · publié le

Homme en t-shirt blanc tenant un formulaire papier confidentiel sur le VIH/sida, fond bleu, à l'intérieur.
Photo : cottonbro studio / Pexels

Un licenciement pendant un arrêt maladie n’est pas interdit, mais il est strictement encadré par la loi. L’employeur ne peut pas invoquer l’état de santé du salarié comme motif, sauf exceptions précises. Les protections varient selon la nature de l’arrêt (maladie non professionnelle, accident du travail ou maladie professionnelle) et les dispositions de la convention collective applicable.

Les motifs autorisés pour un licenciement en arrêt maladie

Un employeur peut licencier un salarié en arrêt maladie uniquement si son absence perturbe gravement le fonctionnement de l’entreprise. Deux conditions cumulatives doivent être remplies : l’absence doit être prolongée ou répétée, et l’employeur doit justifier la nécessité de remplacer définitivement le salarié par un contrat à durée indéterminée. Par exemple, si un poste clé reste vacant pendant plusieurs mois sans solution temporaire, l’employeur peut engager une procédure. Cependant, cette perturbation ne doit pas résulter d’un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité, comme un harcèlement moral ou une surcharge de travail non résolue. Pour vérifier si votre convention collective impose des règles supplémentaires, consultez le simulateur proposé par Service-Public.fr.

La protection renforcée en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle

Si l’arrêt maladie fait suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le salarié bénéficie d’une protection spécifique. L’employeur ne peut le licencier que pour deux motifs : une faute grave du salarié ou une impossibilité de maintenir le contrat pour une raison étrangère à l’accident ou à la maladie. Par exemple, une restructuration économique pourrait justifier un licenciement, mais pas une absence liée à l’état de santé. Cette protection vise à éviter toute discrimination liée à un problème de santé d’origine professionnelle. En cas de doute sur la légitimité du motif, le salarié peut contester la décision devant les prud’hommes, comme le précise juritravail.com.

Le rôle de la convention collective et des clauses de garantie d’emploi

Certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient des clauses de garantie d’emploi, qui interdisent le licenciement pour un motif lié à la maladie pendant une durée déterminée (par exemple, 6 ou 12 mois). Si votre convention inclut une telle clause, l’employeur ne peut pas vous licencier pour absence prolongée pendant cette période. En cas de non-respect de cette clause, le licenciement peut être jugé abusif, et le salarié peut obtenir des indemnités ou sa réintégration. Pour connaître les dispositions applicables à votre secteur, consultez votre convention collective via le lien fourni par Service-Public.fr. Par ailleurs, si vous envisagez une démission pendant un arrêt maladie, sachez que les règles diffèrent selon votre type de contrat, comme expliqué dans notre article sur la démission pendant un arrêt maladie.

La procédure de licenciement et les recours possibles

L’employeur doit respecter la procédure de licenciement pour motif personnel, même si le salarié est en arrêt maladie. Cela inclut une convocation à un entretien préalable, la tenue de cet entretien, et une notification écrite du licenciement. La lettre de licenciement doit détailler les motifs, notamment la perturbation du fonctionnement de l’entreprise et la nécessité d’un remplacement définitif. Si le salarié estime que le licenciement est abusif, il dispose d’un délai de 12 mois pour saisir le conseil de prud’hommes. En cas de nullité du licenciement, le salarié peut demander sa réintégration ou des indemnités couvrant la période entre son éviction et sa réintégration. Pour plus de détails sur les indemnités de licenciement, consultez les informations disponibles sur juritravail.com.

En pratique

Si vous êtes confronté à un licenciement pendant un arrêt maladie, vérifiez d’abord si votre convention collective prévoit une garantie d’emploi. Consultez ensuite la lettre de licenciement pour comprendre les motifs invoqués. En cas de doute sur la légitimité de la décision, contactez un conseiller en droit du travail ou un avocat spécialisé. Pour engager un recours, saisissez le conseil de prud’hommes dans un délai de 12 mois. Enfin, si vous souhaitez démissionner pendant un arrêt maladie, informez-vous sur les conséquences en lisant notre guide sur la démission d’un CDD.

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