Liquidation judiciaire et licenciement économique : droits des salariés en CDI

En cas de liquidation judiciaire de votre employeur, votre contrat en CDI est rompu pour motif économique. Le liquidateur judiciaire organise les licenciements après consultation des représentants du personnel et information de l’administration. Vous bénéficiez d’un régime de garantie pour percevoir vos salaires et indemnités, même si l’entreprise ne peut plus payer. Voici les règles applicables et les démarches à suivre pour sécuriser votre situation.
Les effets de la liquidation sur votre contrat de travail
Dès le prononcé de la liquidation judiciaire par le tribunal, l’activité de l’entreprise peut cesser définitivement ou être maintenue provisoirement. Le liquidateur judiciaire devient alors l’interlocuteur principal des salariés. Il est chargé de procéder aux licenciements économiques, qui concernent tous les salariés, y compris ceux en CDI. Un représentant des salariés est désigné pour vérifier le relevé des créances salariales établi par le liquidateur. Ce représentant est élu parmi les salariés ou désigné par le comité social et économique (CSE), s’il existe dans l’entreprise.
Avant d’engager les licenciements, le liquidateur doit examiner si un reclassement est possible, soit dans un autre établissement de l’entreprise, soit au sein du groupe. Si aucune solution de reclassement n’est trouvée, le liquidateur lance la procédure de licenciement collectif. Les règles applicables dépendent de la taille de l’entreprise et du nombre de salariés concernés. Pour connaître les protections spécifiques en cas d’arrêt maladie, vous pouvez consulter ce guide.
La procédure de licenciement et les étapes clés
La procédure de licenciement varie selon l’effectif de l’entreprise. Dans les entreprises de moins de cinquante salariés, le liquidateur consulte le CSE ou le représentant des salariés lors d’une réunion. Le CSE doit rendre son avis sur le projet de licenciement. Le liquidateur informe ensuite la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) du projet de licenciement, en transmettant une copie du jugement de liquidation et les procès-verbaux des réunions.
Dans les entreprises de cinquante salariés et plus, la procédure est plus encadrée. Le liquidateur doit établir un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et le transmettre au CSE et à la Dreets. Le CSE est consulté sur ce plan, et la Dreets se prononce sur sa validation ou son rejet. Les salariés ne sont pas convoqués à un entretien préalable, sauf s’ils bénéficient d’un statut protégé.
Pour comparer avec une rupture conventionnelle, lisez cet article.
Le régime de garantie des salaires pour vos indemnités
En cas de liquidation judiciaire, vos salaires, préavis et indemnités sont couverts par le régime de garantie des salaires, géré par l’Association pour la gestion du régime d’assurance des créances des salariés (AGS). Ce régime, financé par les cotisations patronales, permet d’avancer les sommes dues aux salariés lorsque l’entreprise ne peut plus payer. Le représentant des créanciers ou le liquidateur établit un relevé des créances salariales, qui est transmis au Centre de gestion et d’étude AGS (CGEA). Ce relevé inclut les salaires impayés, les indemnités de licenciement et les congés payés non soldés.
Le CGEA examine ce relevé et effectue les avances nécessaires. Les sommes sont ensuite versées aux salariés par le représentant des créanciers. Les montants garantis sont soumis à des plafonds. Pour vérifier si vous remplissez les conditions, consultez le site de l’AGS.
Vos recours et démarches après la notification du licenciement
Une fois le licenciement notifié, vous pouvez adhérer au contrat de sécurisation professionnelle (CSP), qui vous permet de bénéficier d’un accompagnement renforcé et d’une allocation spécifique. Le CSP est proposé systématiquement par le liquidateur. Si vous l’acceptez, votre contrat est rompu à la fin du délai de réflexion.
Si vous contestez votre licenciement ou si certaines créances n’ont pas été prises en compte, vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes. Cette démarche est possible même si une procédure prud’homale était déjà en cours avant la liquidation. Le représentant des créanciers ou le liquidateur doit vous fournir tous les documents nécessaires pour justifier vos droits, comme le relevé des créances salariales.
Enfin, la Dreets doit être informée des licenciements prononcés. Cette déclaration permet à l’administration de suivre les ruptures de contrats et d’orienter les salariés vers les dispositifs d’accompagnement. Pour explorer vos options en matière de formation, consultez ce dossier.
En pratique
Dès que la liquidation judiciaire est prononcée, contactez le liquidateur ou le représentant des créanciers pour obtenir des informations sur l’avancée de la procédure. Vérifiez que vos créances salariales sont bien inscrites sur le relevé établi par le liquidateur. Si vous acceptez le contrat de sécurisation professionnelle (CSP), signez et retournez le document dans les délais. Pour contester un licenciement ou une créance non reconnue, adressez-vous au conseil de prud’hommes. Enfin, déclarez votre situation à France Travail pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé. Les démarches liées à la déclaration des licenciements sont centralisées sur le Portail RUPCO.
Source : Service-Public.fr, francetravail.fr.